In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
Is it solipsistic in here, or is it just me?

samedi 20 novembre 2010

Ajoute les feuilles qui brûlent



Y'a le grincement de la balançoire,
les pommes qui tombent
dans l'herbe détrempée...


Ô murmure de Saturne, idiote comptine!


Un râteau rouille sous l'hortensia.
Ajoute les feuilles qui brûlent, le fer ébréché
d'un soc, l'odeur du sulfate
de cuivre qui d'un sac en papier se répand.

Les bêches dans la citerne sonnent
comme au fond des mers le trident
de Neptune furieux.

Croire la grinçante comptine, ou le bleu
trompeur de l'hortensia, celui plus
vénéneux du cuivre, ou le bleu

si bleu

du soir quand on rentre?

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2010 — preuve d'antériorité conservée.

mardi 5 janvier 2010

Zurbaran


Où l'on prie les flocons s'engouffrent.

Ils recouvrent le pain. Plats d'étain, poires
vertes, nappes désertes, fours irradiant
sous la neige, qui depuis deux nuits tombe...

Choses ici,
pour que Zurbaran les peigne. Pots vides
où la chrysalide se terre, et patiente.
Citronnier
qu'abime une lourde neige, et le pas
d'un amour inhumain qui rôde.

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2010 — preuve d'antériorité conservée.

mercredi 11 novembre 2009

Tandis qu'il neige

Hautes
étaient les grilles en ce temps là,
et dans l'abécédaire les lettres ardentes!

À la craie dans la cour, les enfants
traçaient des marelles,
et, de case en case, filaient
vers le ciel.

Chaque voyelle fournissait sa paille à l'enfer.
La moindre élégie croulait
en boulets du meilleur charbon, et,
contre la brique des cheminées,
les flocons fondaient vite.

Vous, vous buviez sec
le brandy sauvé des naufrages,
et,
tandis qu'il neige,
regardant à travers les verrières débouler les nuages,
vous assumiez confiants
l'opacité des mots

qui nous menacent ici de leur transparence.

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2009 — preuve d'antériorité conservée.

lundi 2 novembre 2009

Commerce de nuages

J'ai fait commerce de nuages, de ceux dont la proue
glisse dans les mares, de ceux, mes plus chers,
qui vident sur les nuques leur cargaison de grêle.

Le ciel vendait tout,
pêle-mêle jetant dans les mares
la surabondance des soirs, l'or
 et le feu pour le fondre.

J'ai fait commerce de nuages, de ceux dont les mares
essorent les drapeaux, de ceux,
plus crémeux,
que barattent les rames du rameur.

Le ciel vendait tout, et nous,
si pauvres,
rachetions la clinquante ferraille des éclairs.

Comment croire,
en voyant dans nos poches ce monde replié,
que pour si peu les larmes abondent...

Ce texte a une empreinte. Elle précède la vôtre.
© 2009 — preuve d’antériorité conservée.


jeudi 22 octobre 2009

Naissance du poème

Dans une terre à sacre, plantez le bulbe
d'un dahlia.
Laissez naître sa fleur crémeuse,
labyrinthique,
dense comme votre crâne où pèsent
des clés torses,
et des blocs impropres à bâtir.

Votre songe hybride,
par courbes et replis, les pétales,
en l'enivrant de cercles, 
le guident vers le coeur,
empli de refuge (*). 

Et de cette nébuleuse le suc peut bien se tarir, mais
l'écho des poèmes perdure.
Puis le pollen
peu à peu s'agrège en sentences.

* Aus deinem Herzen voll Zuflucht  (Rilke, Troisième élégie)

Ce texte a une empreinte. Elle précède la vôtre.
© 2025 — preuve d’antériorité conservée.