In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
Is it solipsistic in here, or is it just me?

jeudi 19 février 2026

Revenir du jardin

À quoi bon revenir du jardin des anciens,
quitter cette beauté offerte ?
Le friselis de la rivière entre les branches basses
et, agrippés au mur du vieil abri de pierre,
à l’armature rouillée de l’ancienne gloriette,
les rosiers chatoyants de cétoines.
J’ai bu à des sources amères
le lait d’Éléos
et le schnick des caboulots.
À quoi bon,
savoir la langue des ténébreux ;
et les faubourgs mélancoliques où l’on flâne
jusqu’aux alcôves profondes comme la couche de Babalon ?
À quoi bon tout quitter,
si tu ne peux, de ta fenêtre,
me voir revenant des mondes que j’invente.

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2026 —  preuve d'antériorité conservée.

samedi 27 septembre 2025

PhP - Station de lavage, Haute-Vienne (2025)

Quatrième leçon de ténèbres
"Car tout est vanité et poursuite du vent." (L’Écclésiaste 2:11)




Je me souviens de cette nuit sans date…
Comme un ciel renversé, le béton luisait de nébuleuses ;
rien n’était encore séparé de rien…

Je me souviens de cette odeur pulvérisée d’agrumes…
de l’ombre d’un Golgotha sous la nue assombrie ;
du cliquètement des jetons dans la borne ;
de la lente subduction des heures où se frottaient des mondes.

Et si je n’ai pas de nom plus solide que le vent, alors quoi...
Du ciel, je n’ai besoin que de l’endroit où naissent les nuages.

J’aurai laissé derrière moi,
dans les jours qui s’éteignent,
la douceur possible d’avoir été un homme.

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2025 — preuve d'antériorité conservée.

mardi 14 février 2023

 Les faucons de l'amour
"Seule la main qui efface écrit la chose vraie" Maître Eckhart.


Les livres refermés,
sortis des salles silencieuses,
nous marchions par les vallées ouvertes
jusqu’aux premiers versants où paissent les troupeaux.

Rien d’écrit —
le vent seul sur nos traces ;
l’air bleu se fit plus large
pour contenir le bleu ailé de l’invisible…

De quelle nature est ce frisson de la lumière ?

Nous, enfants des millénaires,
parmi les aulnes, les bruyères
et les mélèzes impérissables,
allions sans crainte dans la dilatation du ciel...

Sous les nuées sans merci
des faucons de l’amour.

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2023 — preuve d'antériorité conservée.

lundi 22 août 2022

Couper des ronces...

Demain, nous aurions pu couper des ronces…
Dans l’âtre, le bois noirci porte encore
les signes d’ardentes écritures.

Sous le bronze affroidi du heurtoir,
dans l’air resté tiède de passages anciens,
jusqu’à quand pèserons-nous la cendre ?

Derrière le huis clos
la table reste mise ;
la géométrie dévote des couverts,
et le pain sous l’étoffe.

Si tout cela demeure,
ou ne demeure pas,
on laissera la lumière allumée pour toi.

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2022 — preuve d'antériorité conservée.

jeudi 13 février 2020

 Cet incendie...
(en souvenir de FB)

Cet incendie-là n’était pas l’aurore...
Au bord de ces falaises que besognent les tempêtes,
nous allions sous un ciel sans fond insoucieux des vertiges ;
on n’avait pas 16 ans, on était immortels.

La nuit dévorait tout,
les murailles dorées de Carmélide,
la noirceur du monde et la simple beauté des choses.
Et chacun pour conjurer les naufrages
apportait au brasier sa brassée de fagots.

Dans l’air chargé de bruyère et de criste marine,
les "tinkers" en piaffant dispersaient la cendre des hécatombes,
tandis que nous, silencieux et très chastes,
contemplions la consomption du monde dans l’œil incendié de nos chevaux.

Que voyons-nous du feu ?
Le bois qui se consume ou la lueur de l’incendie ?

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2020 — preuve d'antériorité conservée.

mardi 27 juin 2017

De quelle nature est cette pluie qui distribue le vieil amour ...?

mardi 4 septembre 2012

Là-bas si j'y suis

Je vivais comme un prince.
J'ai bu au creux des mains le don fastueux des sources,
et je me lavais de la clarté des astres tus...

Les troupeaux qui montaient des Aldudes foulaient,
sous l'âpre rhétorique des sonnailles,
le chaos silencieux d'anciennes avalanches.

Tandis que moi, vertueux et vain comme un prince Sévarambe,
je n'avais qu'à contempler le ciel à l'aplomb de mon front sans couronne.
Prier n'était que ça...

Bientôt,
vêtu de mes saintes frusques,
par les rues éblouissantes et les terrasses où flottent les lessives,
je redescendrai vers le bleu du ciel et de la mer.

Où irais-je sinon ?

Ce texte a une empreinte ; elle précède la vôtre.
© 2012 — preuve d'antériorité conservée.